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(In "Le Progrès-Courrier", samedi 8 janvier 2000).

Charles Kérivel pilote un circuit aquarelle au Maroc
Le peintre Charles Kérivel a guidé onze artistes voyageurs dans un circuit aquarelle au Maroc.
Peindre sur le motif est la meilleure école.

"Beaucoup d’eau, un peu de couleur pour apprivoiser la lumière et l’ombre, l’aquarelle est l’art de la délicatesse. Ce n’est qu’après mille coups de pinceau que cette âpre technique devient gratifiante. Ses fidèles n’ont jamais fini d’apprendre. Y compris les meilleurs d’entre eux.

Comme le Brestois Charles Kérivel par exemple, qui creuse avec succès son sillon d’aquarelliste depuis 25 ans. S’il se plaît, parce qu’il habite en Bretagne, à saisir les dix saisons du ciel breton, les barques de ses océans changeants, c’est au Maroc, vivier orientaliste, qu’il trouve son motif le plus puissant. Il ne compte plus les voyages qui l’y conduisent, chevalet au pied. Et parce qu’il aime partager sa passion, pour le dernier périple en date, il a choisi de guider un groupe de onze aquarellistes pour un circuit découverte de quinze jours. “Je voulais faire découvrir le Maroc à des personnes qui ne le connaissaient pas, à travers la peinture, à travers leur peinture et leurs émotions”, disait à son retour Charles Kérivel.

Dans ce circuit, les visites de sites, de villes, de villages, les rencontres aussi, offraient le prétexte de saisir la réalité sur le papier. Un mur, un petit tabouret, un léger chevalet de campagne, une boîte de peinture, de l’eau, le travail de l’aquarelle se satisfait de peu dans un pays qui offre, à chaque coin de rue, à chaque détour de forteresse, de désert, une moisson d’images et d’ambiances superbes.

“Toutes ces personnes, pour la plupart débutantes, étaient motivées”.
Motivées par l’inconnu, des lumières neuves, des visages nouveaux, mais aussi par un apprentissage sur le terrain”. Un apprentissage, qui plus est, collectif. “Un débutant ne se sent souvent pas assez hardi pour planter son chevalet dans un souk. Un groupe, c’est très stimulant !”, explique Charles Kérivel. Immersion garantie.

“Les pieds dans le sable du Sahara”
Dans la journée, plusieurs heures étaient consacrées à l’aquarelle. Des musiciens se produisaient, les costumes colorés de ces Marocains, le jeu de ces enfants séduisait la rétine ? les voyageurs plantaient simplement leur chevalet, ici et là, au sortir du minibus ou après une promenade en chameau. Des séances de pose pouvaient aussi être organisées au pied levé. (...)Charles Kérivel, aidé de sa femme Mijo, a imaginé un circuit en fonction de sa longue expérience dans le pays. Il a mené les voyageurs à Marrakech, à Ouarzazate, aux marges du Sahara.

Aux hôtels 3 ou 4 étoiles, il avoue avoir préféré ces petits hôtels simples, aux confins du désert par exemple.
“Je voulais que ces voyageurs aient le plaisir de mettre les pieds dans le sable du Sahara!”. Bref, de faire toucher des yeux : ces choses, ces paysages, ces gens, qui donnent envie de peindre. Et de revenir. Sur les onze personnes qui étaient du voyage, “beaucoup ont fait des carnets de voyage très intéressants et ceux qui avaient pris des notes, des croquis, parachèvent leur travail en atelier.
Manière de prolonger un périple qui restera gravé dans les esprits comme une double et irremplaçable initiation".

M. Férec


(In "Le Télégramme" 12/99)

Au Maroc, sur les traces du pinceau de Charles Kérivel

Onze peintres amateurs ont pu s’exercer en pleine nature, au Maroc, sous la conduite de l’artiste brestois Charles Kérivel, du 9 au 23 octobre. Chaque jour, plusieurs heures d’aquarelle étaient au programme.
Un nouveau voyage est prévu au printemps prochain.

"Je suis rentrée avec une moisson de croquis et une quinzaine d’aquarelles dans mes bagages. Aujourd’hui encore, je continue à peindre à partir de ces dessins. Ce voyage nous a vraiment tous enchantés", raconte Malou Pouliquen, une Brestoise qui a commencé à s’intéresser à la peinture en 1992.

Avec dix autres personnes, elle a participé au premier voyage proposé aux artistes amateurs par Charles Kérivel.
Au début de cette année, le peintre Brestois, qui vit entre Brest, Douarnenez et Essaouira - l’ancienne Mogador - a eu l’idée de faire découvrir à d’autres les richesses du Maroc, (...) il a imaginé deux circuits.

Depuis 20 ans, Charles Kérivel sillonne le Maroc.
Chaque jour, il sort pour dessiner et peindre sur nature. Cette parfaite connaissance du pays lui a permis de concocter un programme sur mesure. “Nous avons découvert des régions peu visitées habituellement, hors des sentiers battus, toujours dans des paysages magnifiques, dans les vallées du Drâa et du Togdra, au pied des dunes du Sahara ».
Sur les onze participants, il y avait quatre hommes, dont deux seulement étaient venus pour peindre, les deux autres accompagnaient leur femme. “Mais, à la fin du voyage, ils ont fini par s’y mettre eux aussi. L’un d’eux a d’ailleurs réalisé une très belle aquarelle , explique Charles Kérivel, “Je n’ai pas la prétention au cours de ces voyages de donner de leçons, mais plutôt de permettre aux gens de peindre dans des conditions exceptionnelles en bénéficiant de quelques conseils ».

Nouveaux voyages en mars ou avril
Les plus passionnés n’ont pas lâché leurs crayons et leurs pinceaux de tout le séjour, parfois même jusqu’à plus de minuit.
Une fois le soleil couché, les participants se retrouvaient autour de spectacles folkloriques.
Les costumes locaux offraient encore de nouvelles perspectives. “Lors des séances, j’allais de l’un à l’autre pour donner des conseils, montrer comment récupérer une erreur ».
La réussite de ce premier voyage incite Charles Kérivel à renouveler l’expérience, ce qui se fera au printemps prochain. Deux possibilités sont à l’étude pour mars ou avril prochain : une semaine à Essaouira, une semaine à Marrakech et dans les casbahs ou un circuit de quinze jours comparable à celui d’octobre, jusqu’aux portes du désert.

C.L.G.